Réforme DPE 2026 — Le coefficient électricité passe à 1,9 : ce que ça change pour vos bâtiments tertiaires
Efficacité Énergétique 31 mars 2026 3 min de lectureArticle 22/52

Réforme DPE 2026 — Le coefficient électricité passe à 1,9 : ce que ça change pour vos bâtiments tertiaires

Le 1er janvier 2026, une réforme discrète a changé les règles du jeu pour l'évaluation énergétique des bâtiments. Le coefficient de conversion de l'électricité en énergie primaire est passé de 2,3 à 1,9. Sur le papier, c'est un chiffre. Dans la réalité du terrain, c'est un basculement stratégique. Pourquoi ce coefficient change tout Pour établir […]

Le 1er janvier 2026, une réforme discrète a changé les règles du jeu pour l'évaluation énergétique des bâtiments. Le coefficient de conversion de l'électricité en énergie primaire est passé de 2,3 à 1,9. Sur le papier, c'est un chiffre. Dans la réalité du terrain, c'est un basculement stratégique.

Pourquoi ce coefficient change tout

Pour établir un DPE, on ne mesure pas directement la consommation finale en kWh. On la convertit en énergie primaire — c'est-à-dire l'énergie qu'il a fallu produire, transporter et distribuer pour vous amener ce kWh. L'électricité, jusqu'en 2025, était pénalisée par un coefficient de 2,3 — chaque kWh consommé comptait pour 2,3 kWh en énergie primaire.

Ce coefficient élevé datait d'une époque où le mix électrique français était plus carboné. Aujourd'hui, avec plus de 70% d'électricité nucléaire et une part croissante de renouvelables, ce coefficient ne reflétait plus la réalité. L'arrêté du 13 août 2025, publié au Journal officiel du 26 août 2025, l'a ramené à 1,9.

Résultat concret — un bâtiment chauffé électriquement consomme moins d'énergie primaire qu'avant, à consommation finale identique. Certains bâtiments changent de classe sans avoir touché à une installation.

850 000 logements qui changent de lettre — et le tertiaire dans tout ça ?

Le gouvernement annonce 850 000 logements qui voient leur classe DPE s'améliorer. C'est le chiffre qui a fait les gros titres. Mais le secteur tertiaire — bureaux, commerces, hôtels, entrepôts — est moins médiatisé, alors qu'il est directement concerné.

Pour les bâtiments soumis au Décret Tertiaire, les calculs OPERAT intègrent la même logique de conversion. Un bâtiment de bureaux chauffé par pompe à chaleur électrique voit mécaniquement sa consommation en énergie primaire baisser. Ce qui peut modifier sa trajectoire de réduction par rapport à l'objectif -40% de 2030.

Ce n'est pas une victoire définitive — les obligations restent les mêmes — mais c'est une fenêtre de respiration pour les gestionnaires qui avaient des résultats serrés.

Ce que ça change concrètement pour votre stratégie

Le chauffage électrique redevient compétitif dans les calculs

Pendant des années, le chauffage électrique était la solution à éviter dans les bâtiments tertiaires neufs ou rénovés, précisément à cause de ce coefficient 2,3 qui plombait les bilans énergétiques. Avec le passage à 1,9, les pompes à chaleur — déjà performantes — sont encore plus favorables sur le papier réglementaire.

  • PAC air/air — avec un COP de 3,5, la consommation en énergie primaire est désormais de 0,54 kWhep par kWh thermique produit
  • PAC eau/eau — encore plus efficace, elle devient difficile à battre dans les calculs OPERAT
  • Résistance électrique — toujours défavorable, mais légèrement moins pénalisée

Les DPE existants peuvent être mis à jour

L'ADEME a ouvert un simulateur sur son Observatoire DPE-Audit. Les propriétaires peuvent télécharger une attestation de changement d'étiquette sans refaire un DPE complet. C'est une mesure pragmatique — et c'est gratuit.

Pour un bâtiment tertiaire en vente ou en cours de négociation de bail, c'est une opportunité à saisir immédiatement.

Ce que je retiens de cette réforme

Je le vois régulièrement dans mes missions — les gestionnaires de patrimoine tertiaire sous-estiment l'impact des coefficients réglementaires. Ce n'est pas le poste de travaux le plus visible, mais c'est parfois le levier le plus rapide.

Un bâtiment dont le DPE s'améliore sans travaux, c'est une valorisation immédiate. Une trajectoire OPERAT qui devient plus tenable, c'est moins de pression pour des investissements coûteux à court terme.

La vigilance reste de mise — ce coefficient favorable à l'électrique ne doit pas devenir une excuse pour ignorer les gains réels d'efficacité énergétique. Les objectifs -40%, -50%, -60% de consommation finale sont là pour durer.

Sources réglementaires

  • Arrêté du 13 août 2025 (NOR — ATDL2519132A) — JO du 26 août 2025
  • economie.gouv.fr — Nouveau DPE au 1er janvier 2026
  • service-public.gouv.fr — Étiquette énergétique, nouveautés
  • Portail RT-RE-Bâtiment — FAQ DPE modification facteur de conversion


* arrêté du 13 août 2025 (nor — atdl2519132a) — journal officiel du 26 août 2025
* economie.gouv.fr — nouveau dpe au 1er janvier 2026
* service-public.gouv.fr — étiquette énergétique, nouveautés de calcul
* portail rt-re-bâtiment.developpement-durable.gouv.fr — faq dpe modification facteur de conversion
* observatoire dpe-audit ademe — simulateur changement d'étiquette

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