Le troisième appel d’offres autrichien de 2026 vient de retenir 195 offres pour 173,4 MW de capacités solaires. Le prix moyen pondéré par les volumes atteint 64,2 €/MWh, un niveau qui retient l’attention des gestionnaires de bâtiments tertiaires, même si le mécanisme reste autrichien.
Ce qui s’est passé en Autriche
L’organisme chargé du financement dans le cadre de la loi sur les énergies renouvelables (EAG) a publié les résultats de la session. Les offres retenues affichent des prix compris entre 54 et 72,5 €/MWh. L’appel d’offres portait sur 172,6 MW, mais les autorités ont finalement attribué 173,4 MW.
Le fonctionnement repose sur des primes de marché. Les projets sont classés du moins cher au plus cher jusqu’à épuisement de la capacité disponible, ce qui vise à retenir ceux qui demandent le soutien le plus faible. Les installations éligibles sont les centrales au sol et les toitures neuves ou extensions dont la puissance dépasse 10 kW, à condition de ne pas être mises en service au moment du dépôt. Les projets au sol implantés sur des terres agricoles ou des prairies subissent un abattement pouvant atteindre 25 % de la valeur de l’offre, afin de favoriser la toiture.
Des prix en légère hausse sur l’année
Le premier appel d’offres de 2026, clos le 17 mars, affichait un prix moyen pondéré de 63,4 €/MWh pour 170,97 MW attribués sur 175 MW proposés. La session présentée ici dépasse donc légèrement cette moyenne. L’organisme n’a pas publié le taux de sursouscription, ce qui limite l’analyse. Les données disponibles ne suffisent pas à expliquer la hausse, et je préfère ne pas avancer de cause sans information supplémentaire.
Ce que cela signifie pour le tertiaire français
Le dispositif autrichien ne s’applique pas en France. Pour un bâtiment tertiaire, ce qui compte est le cadre réglementaire français qui encadre l’investissement. Quatre points méritent attention.
- Décret tertiaire — il concerne les bâtiments d’au moins 1 000 m² de surface de plancher et fixe un objectif de réduction de 40 % de la consommation d’énergie finale en 2030, par rapport à une année de référence entre 2010 et 2019. La production solaire ne dispense pas de travailler sur les usages.
- Décret BACS — les systèmes de chauffage ou de climatisation d’une puissance nominale utile supérieure à 290 kW sont concernés depuis le 1er janvier 2025. Pour les bâtiments existants dont la puissance dépasse 70 kW, l’échéance est reportée au 1er janvier 2030. Le décret fixe des exigences fonctionnelles et n’impose aucune classe de la norme NF EN ISO 52120-1.
- Certificats d’économies d’énergie — la production photovoltaïque n’est pas valorisée par les CEE. Les opérations d’efficacité restent la voie à examiner, avec une demande à déposer moins de 12 mois après l’achèvement de l’opération.
- Autoconsommation — selon l’arrêté tarifaire du 1er juin 2026 (dit S21), la prime à l’autoconsommation est supprimée pour les demandes de raccordement déposées depuis le 5 juin 2026. Au-delà de 100 kWc, le passage se fait par les appels d’offres de la CRE.
Ce que cela change pour vos projets
Ma lecture est tranchée. Un prix de 64,2 €/MWh observé à l’étranger ne doit pas servir de référence pour un budget français. Le modèle économique d’un projet photovoltaïque se construit à partir des règles françaises en vigueur, des modalités d’autoconsommation et du profil de charge du bâtiment.
Trois vérifications me paraissent prioritaires avant tout dépôt :
- contrôler la date de dépôt de la demande de raccordement au regard du 5 juin 2026 ;
- évaluer la puissance des systèmes de chauffage et de climatisation pour savoir si le décret BACS s’applique et à quelle échéance ;
- établir la trajectoire de consommation sur la plateforme OPERAT avant d’investir au titre du décret tertiaire.
Un audit énergétique réalisé selon la norme NF EN 16247 permet de confronter consommations, usages et potentiel solaire avant de décider. C’est souvent à cette étape que la décision se prend, bien plus que sur un prix observé ailleurs.
Lire l’article original sur PV Magazine France.
* Source : PV Magazine France — PV Magazine — média spécialisé du secteur solaire. Article publié le 26/10/2026.

![[Tech News] L’Autriche attribue 173 MW de capacités solaires à un prix moyen de 64,2 €/MWh](https://images.pexels.com/photos/356049/pexels-photo-356049.jpeg?auto=compress&cs=tinysrgb&w=1200&h=628&fit=crop)





