Photovoltaïque T2 2026 — Tarifs en baisse, l’autoconsommation devient incontournable pour le tertiaire
Photovoltaïque 31 mars 2026 4 min de lectureArticle 21/52

Photovoltaïque T2 2026 — Tarifs en baisse, l'autoconsommation devient incontournable pour le tertiaire

La Commission de régulation de l'énergie (CRE) vient de fixer les tarifs d'achat pour le deuxième trimestre 2026. Applicables du 1er avril au 30 juin 2026, ces chiffres confirment une tendance que personne ne peut ignorer — la revente d'électricité photovoltaïque n'est plus le moteur économique d'un projet solaire tertiaire. L'autoconsommation, elle, n'a jamais été […]

La Commission de régulation de l'énergie (CRE) vient de fixer les tarifs d'achat pour le deuxième trimestre 2026. Applicables du 1er avril au 30 juin 2026, ces chiffres confirment une tendance que personne ne peut ignorer — la revente d'électricité photovoltaïque n'est plus le moteur économique d'un projet solaire tertiaire. L'autoconsommation, elle, n'a jamais été aussi pertinente.

Les tarifs T2 2026 — encore en baisse

Pour les installations sur bâtiment, hangar ou ombrière de moins de 100 kWc, voici les nouveaux tarifs d'obligation d'achat (OA).

  • 9 à 36 kWc — 8,05 c€/kWh — en recul par rapport aux trimestres précédents
  • 36 à 100 kWc — 7,00 c€/kWh — taille typique d'un bâtiment tertiaire PME
  • Revente du surplus (autoconsommation) — 4,73 c€/kWh

Pour situer — le prix moyen de l'électricité du réseau tourne autour de 15 à 20 c€/kWh pour un professionnel. Chaque kWh que vous consommez directement depuis vos panneaux vous fait économiser cette différence. Chaque kWh que vous revendez vous rapporte 4,73 centimes. Le calcul est vite fait.

Ce que ça signifie concrètement pour un bâtiment tertiaire

Je le vois dans tous les dossiers que j'instruis — la question n'est plus " est-ce que je vends ou je consomme ? " La réponse est systématiquement " je consomme un maximum, et je revends le reste si j'y suis contraint ".

Pour un immeuble de bureaux de 1 000 m² avec une installation de 50 kWc.

  • Production annuelle estimée — ~50 000 kWh
  • Si 70% est autoconsommé — économie de 7 000 € à 20 c€/kWh
  • Si 30% est revendu — revenu de 710 € à 4,73 c€/kWh
  • Total annuel — ~7 700 € — sans aucune aide à l'autoconsommation

Le retour sur investissement s'améliore quand on consomme plus. La logique est claire.

L'autoconsommation collective — le cadre vient de s'élargir

L'arrêté du 21 février 2025 a relevé le seuil de puissance cumulée autorisée pour l'autoconsommation collective de 3 MW à 5 MW. C'est un changement significatif pour les parcs d'activités, les zones industrielles et les copropriétés tertiaires.

Concrètement, plusieurs bâtiments proches peuvent désormais partager la production d'une installation commune plus puissante. Le périmètre géographique a aussi été étendu aux communes et aux EPCI. Ce qui était réservé aux voisins directs s'ouvre à des territoires plus larges.

Qui peut en bénéficier ?

  • Parcs d'activités avec plusieurs entreprises
  • Zones commerciales et leurs enseignes
  • Groupements d'immeubles de bureaux sous une même gestion
  • Collectivités avec équipements publics adjacents

Stockage et électrification des usages — les deux leviers complémentaires

La baisse des tarifs de revente pousse vers deux stratégies que je recommande systématiquement dans les projets que j'accompagne.

Le stockage batterie

Stocker l'excédent de production diurne pour l'utiliser le soir ou les jours nuageux augmente mécaniquement le taux d'autoconsommation. Avec les prix actuels des batteries LFP en chute, le retour sur investissement d'un système de stockage couplé au PV devient réaliste sur 8 à 10 ans dans les bâtiments tertiaires à usage intensif.

L'électrification des usages

Remplacer une chaudière gaz par une pompe à chaleur, installer des bornes de recharge pour les flottes de véhicules électriques, électrifier la cuisine collective — chacun de ces usages absorbe de l'électricité verte produite sur place. Ce qui aurait été revendu à 4,73 c€/kWh devient une économie à 18 c€/kWh.

C'est la double logique vertueuse — décarbonation des usages + valorisation optimale du solaire.

Ce que je retiens pour 2026

La baisse des tarifs n'est pas une mauvaise nouvelle pour le solaire tertiaire. C'est une correction de trajectoire. Le modèle " je produis pour revendre " est mort depuis 2024. Le modèle " je produis pour consommer moins cher et verdir mon bilan " est solide, rentable, et il le sera encore plus demain.

Les entreprises qui anticipent — dimensionnement adapté à leurs courbes de charge, stockage intégré, autoconsommation collective quand c'est possible — sont celles qui tireront le meilleur parti des réglementations à venir.


* commission de régulation de l'énergie (cre) — tarifs t2 2026, applicables du 1er avril au 30 juin 2026
* arrêté du 21 février 2025 — autoconsommation collective étendue, seuil relevé à 5 mw
* photovoltaique.info — textes législatifs et réglementaires 2025
* loi n° 2023-175 du 10 mars 2023 relative à l'accélération des énergies renouvelables (aper)
* cre.fr — délibération tarifs d'achat et primes photovoltaïques t2 2026

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Axelia Énergie — Bureau d'études en ingénierie énergétique

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