[Tech News] Kourbe lève 55 M€ pour financer 42,5 MWc de projets solaires en toiture et ombrières
Non classé 2 novembre 2026 3 min de lectureArticle 1/55

[Tech News] Kourbe lève 55 M€ pour financer 42,5 MWc de projets solaires en toiture et ombrières

Kourbe lève 55 M€ pour près de 170 centrales solaires en toiture et ombrières. Un signal fort pour le tiers-investissement photovoltaïque tertiaire.

Le tiers-investisseur solaire Kourbe vient de sécuriser 55 M€ de financements pour construire près de 170 centrales photovoltaïques. Le signal est clair : le solaire sur toiture et ombrière reste un marché qui attire les banques et Bpifrance. Pour un gestionnaire de bâtiment tertiaire, c'est une annonce à lire de près.

Kourbe a obtenu des financements seniors auprès d'Arkéa Banque Entreprises et Institutionnels, de Bpifrance et de la Caisse d'Epargne Aquitaine Poitou-Charentes. Ces financements serviront à développer et construire un portefeuille de centrales pour une puissance totale de 42,5 MWc. Selon l'annonce de pv magazine France, les centrales produiront 48 GWh d'électricité renouvelable par an, avec une mise en service prévue au plus tard au premier semestre 2027.

Ce qui est nouveau

Le modèle n'a rien d'exotique, mais il mérite qu'on s'y arrête. Créée en 2019, l'entreprise installe des centrales sur les surfaces inexploitées de bâtiments d'entreprises et de collectivités, en injection réseau ou en autoconsommation. Elle investit à la place du propriétaire, puis s'appuie sur un réseau de développeurs partenaires pour accompagner chaque projet, de son développement jusqu'à son exploitation.

Ce qui m'intéresse dans cette annonce, c'est le volume. Le groupe Baudelet, auquel Kourbe est rattaché, vise un investissement annuel de 50 à 100 M€ et revendique 155 MWc de projets en exploitation, en construction ou en développement avancé avec tarif sécurisé. Le tiers-investissement en toiture tertiaire n'est plus un marché de niche.

Impact pour les bâtiments tertiaires

Pour un gestionnaire de parc, une toiture inutilisée ou un parking couvert peut devenir un actif, sans immobiliser de trésorerie. Mais le montage engage le bâtiment sur la durée du contrat, et c'est là que les erreurs se commettent. Un tiers-investisseur a besoin de visibilité sur la structure, l'étanchéité et la pérennité du site. Une toiture en fin de vie ou un bâtiment appelé à être restructuré n'est pas un bon candidat, et cela se vérifie avant la signature, jamais après.

Le photovoltaïque ne remplace pas la réflexion sur la consommation. Il s'ajoute à elle.

Liens avec la réglementation

  • Décret tertiaire – les bâtiments dont au moins 1 000 m² de surface de plancher accueillent une activité tertiaire doivent réduire leur consommation d'énergie finale, avec un objectif de −40 % en 2030 par rapport à une année de référence entre 2010 et 2019. La production solaire peut alléger le bilan, sans dispenser de la déclaration annuelle sur la plateforme OPERAT.
  • Décret BACS – pour les bâtiments tertiaires dont le chauffage ou la climatisation dépasse 290 kW, l'obligation est applicable depuis le 1er janvier 2025. L'échéance pour les puissances supérieures à 70 kW est reportée au 1er janvier 2030 pour les bâtiments existants. Le décret fixe des exigences fonctionnelles et n'impose aucune classe de la norme NF EN ISO 52120-1.
  • Photovoltaïque – l'arrêté tarifaire du 1er juin 2026 supprime la prime à l'autoconsommation pour les demandes de raccordement déposées depuis le 5 juin 2026. Un tarif unique d'achat du surplus s'applique jusqu'à 100 kWc, et les projets au-delà relèvent des appels d'offres de la CRE.
  • CEE – aucune fiche CEE ne valorise la production photovoltaïque. Ne présentez donc jamais le solaire comme un levier de certificats.

Ce que cela change pour vos projets

  • Inventorier les toitures et ombrières disponibles, avec leur état, leur structure et leur échéance de rénovation.
  • Comparer l'autoconsommation et l'injection réseau avant toute décision, en tenant compte du tarif applicable à la date de dépôt.
  • Vérifier si le bâtiment entre dans le périmètre du décret tertiaire et du décret BACS avant de signer un contrat de longue durée.
  • Demander les hypothèses de production et de durée au tiers-investisseur, et refuser tout chiffre non justifié.

Je suis favorable à ce type de montage quand la toiture est saine et que le contrat est lu jusqu'au bout. Un projet bien cadré vaut toujours mieux qu'un projet pressé.

* Source : PV Magazine France — PV Magazine — média spécialisé du secteur solaire. Article publié le 02/11/2026.

A

Axelia Énergie — Bureau d'études en ingénierie énergétique

Nos analyses sont rédigées par nos ingénieurs certifiés, sur la base de sources réglementaires officielles. Expert GTB, Décret Tertiaire, Décret BACS, audit énergétique, photovoltaïque.

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